La Roche de Feu

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Étant enfin bien reposée après trois mois de folie, je me sentais un peu enfermé à cause de la pluie à la fin de la semaine de travail. J’ai donc suggéré à Magnus samedi que nous prenions notre déjeuner sous le ciel…  gris. Compte fait. On est descendu sur Les Montagnes Noires (Ar Menez Du) pour grimper La Roche de Feu (Karreg an Tan).

C’est quoi, La Roche de Feu ? C’est un des sommets des Montagnes Noires. Elle a un hauteur de 281 mètres et une vue spectaculaire des Monts d’Arrée (Menez Are), la baie de Douarnenez et la vallée de l’Aulne (Aon). À l’époque elle faisait partie d’un système d’alerte contre les Vikings. Quand leurs bateaux approchaient, on a allumé un feu dans la baie de Douarnenez, vu du Ménez-Hom (Menez C’homm) où l’on a allumé encore un feu et ce feu-là était vu sur la Roche de Feu où l’on a… oui, bien sûr, allumé un feu qu’on pouvait voir de toute la région. Donc voilà, elle s’appelle la Roche de Feu.

Nous avons laissé la voiture à Gouézec (Gouezeg) et pris le sentier balisé jaune, un tour de 5 kilomètres à travers un forêt, les landes et la campagne finistérienne.

C’était une belle balade. Dans la distance, La Roche de Feu ressemblait un peu Le Mont Venteux des films (et le livre) Le Seigneur des Anneaux. Elle a un air assez sinistre, tout dentelée et noire. On l’approchait lentement, parce que la pente est assez raide et pleine de broussaille. Soudainement, Magnus, qui était en tête, a sauté en l’air avec un cri !

« C’est un ours, mon cerveau m’a averti avant de souvenir que nous étions en Bretagne et donc… c’est un sanglier ! » C’était un chien. Un petit chien de race mixte type Beagle, qui s’appelle Charlie.

Charlie

Il n’a pas nous dit, en ce moment-là, qu’il s’appelle Charlie, bien sûr. Non, il s’est contenté de nous montrer la meilleure route pour monter la roche. Il est un maître-grimpeur, Charlie.

karreg an tan

En haut, nous sommes rencontrés avec le maître de Charlie, un homme fin à cheveux longs et gris en queue de cheval, assis dans la position de lotus au sommet du rocher avec sa canne et son déjeuner. Il nous a parlé de son amour de la nature et de ses voyages, parce qu’il est nomade, sans terre et sans maison. On parlait des troglodytes, de la vie écolo, et, à la fin, nous avons écouté d’un sermon très spécifique à propos la fin d’un monde (un monde, pas la planète mais le monde moderne de la technologie), ce qui va commencer par le signe de la lune sanglante éclipsée le 28 septembre. Après, on se souhaitait une bonne vie et nous avons mangé notre déjeuner, Magnus et moi, partiellement sous l’œil vigilant de Charlie, qui a passé un peu de temps avec nous avant de partir retrouver son maître.

karreg an tan

Nous avons passé presque une heure sur la roche avant de repartir sur le chemin. C’est un endroit super et très tranquille.

Après seulement cinq minutes sur la route, nous étions à nouveau rejoint par Charlie. « Bon, il est un chien français, nous nous avons dit, il a l’habitude, il sait où il est et il va bientôt courir vers son maître. »

Trois kilomètres plus tard, Charlie était encore avec nous. Il m’avait utilisée comme soutien moral pour passer les maisons et en prenant la route communale c’était bien évident qu’il avait aucune expérience avec les voitures. Il a arrêté la circulation, qui lui a fait peur, et couru à moi pour retrouver le soutien moral, son corps pressé contre ma jambe.

Nous étions à nouveau à Gouézec, avec un chien qui ne voulait pas nous laisser, quand nous avons compris que nous avions volé le chien d’un prophète apocalyptique errant.

Moi, j’ai donné un peu de l’eau à Charlie et Magnus est retourné à la route communale afin de chercher notre ami nomade. Quand il n’a trouvé personne, je me suis rappelée qu’il y avait un camping-car dans un pré près de la Roche de Feu. Heureusement, Charlie n’a eu aucune objection à monter la voiture avec nous et quelques minutes plus tard son maître et lui étaient réunis. Tout est bien qui finit bien.

… et Les Montagnes Noires n’étaient pas mal non plus.

Faustine est suédoise par naissance, bretonne par choix. Un jour, peut-être, elle sera française. Elle est écrivain et elle vit dans le Finistère.

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