My Story

Temps de lecture : 9 minutes

Me voilà ! Oui, je suis encore vivante, mais j’ai passé une dizaine de jours sans ordinateur. Je savais qu’il approchait son dernier souffle, mais comme j’ai pu prolonger sa vie plusieurs mois déjà après la morte apparente du ventilateur et de l’écran j’attendais la vraie fin avant que je dépense de l’argent. Je vous écris désormais d’un nouvel ordi portable qui est bleu comme les vieux uniformes de l’armée française.

Suivre un blog personnel, c’est un peu comme aller en voyage avec quelqu’un et je me rends compte que je vous rencontre au milieu du voyage – la grande saute est faite mais il y a encore beaucoup à explorer.

Ça veut dire que vous ne savez pas beaucoup sur moi. Si vous avez lu la page d’à propos ou l’article sur mes 3 premières années ici vous savez comment je suis, physiquement, arrivée en Bretagne. Vous savez peut-être aussi que j’étais archéologue. Ce que vous ne savez pas, c’est l’histoire complète. My story. Je vous la donne aujourd’hui en bref, pour ceux qui aiment connaître les gens avec lesquels ils voyagent.

Mon histoire

Je suis née en Scanie, une région située à l’extrémité sud de la Suède. Les Suédois du nord disent que nous sommes plus Danois que Suédois et c’est vrai qu’il y a longtemps la Scanie était la région la plus riche de tout le Royaume de Danemark, qui nous a perdu en guerre contre la Suède en 1658. D’abord on était un duché sous la couronne suédoise, puis, suivant la révolte la plus sanglante de l’histoire scandinave, une simple province suédoise.

Ma mère est un régionaliste fier. Par conséquent j’ai reçu le régionalisme mêlé avec le lait maternel. « On n’est pas Suédois, ma mère m’a dit souvent, on est Scanien. » « La Suède se compose de la Scanie et les cabanes à vaches au nord de là. » « C’est l’histoire de la Suède que tu apprends à l’école, ce n’est pas la nôtre. »

Je ne suis pas blogueuse depuis toujours, mais j’ai toujours aimé écrire et j’ai toujours aimé l’informatique. Ma première œuvre était une notice d’utilisation simplifiée pour ma mère : « Comment créer et imprimer un fichier sous MS-DOS » J’avais environ cinq ans.

Emma en 1988
La petite Emma en train de travailler en 1988.


Comme je suis née en 1984, je fais parte de cette première génération qui a pu grandir avec un ordinateur à la maison et comme mon père travaillait en informatique nous en avions plusieurs. Je n’aimais pas trop les jeux, mais je pouvais passer des heures devant un éditeur de texte ou un logiciel encyclopédique.

Quand je ne passais pas mon temps devant l’ordinateur, je me stationnais les fesses devant la télé par satellite en regardant les chaînes britanniques. Mes parents me disent qu’ils ont trouvé un jour par hasard que je parlais anglais. Ils exagèrent, mais il y a quand même une graine de vérité dans cette histoire.

Dans la Vendée en 2001
En explorant la patrimoine de la Vendée à l’âge de 16 ans.

J’avais 14 ans quand j’ai rencontré mon premier amour : les Celtes. Je dépensais tout mon argent de poche en livres à propos des Celtes, leur archéologie et leurs mythes. J’ai décidé d’aller en Écosse pour étudier l’archéologie celtique. Afin d’y arriver j’ai décidé à poser ma candidature pour un lycée anglophone où je pourrais passer un bac reconnu par les universités écossaises. J’ai été acceptée.

Nous avons commencé à passer les vacances d’été en France en 1992, mes parents et moi, en louant des gîtes en plein campagne, souvent près des vignobles. Mon père a dû emporter son ordinateur portable pour que je puisse écrire tous les matins et les soirs. « Il te faut épouser un comte français avec un beau château » mes parents m’ont dit tous les étés pendant nos explorations du patrimoine. Parfois ils ont ajouté « pour que tu puisses y vivre et écrire ». Ils m’ont aussi encouragé d’apprendre le français.

Ayant réussi le bac j’ai quitté la Suède pour étudier l’archéologie celtique et le gaélique à l’Université d’Aberdeen au nord-est d’Écosse.

J’y avais un appartement dans un coin boisé de la ville où habitaient beaucoup de chevreuils et où les gens se promenaient avec ses chiens tous les week-ends. C’était un tout petit appart très froid à l’eau jaunâtre et des murs moisis, mais il avait une vue sur la rivière Don et il était le mien.


J’ai quitté l’Écosse après deux ans, mes études étaient qu’à moitié terminés, afin d’être plus proche à mon père qui avait eu un quintuple pontage pas trop réussi. Par conséquence je pourrais aussi être plus proche à mon copain, Magnus, qui habitait dans la même commune que mes parents.

Magnus et moi
Magnus et moi.


Nous cherchions un appartement en Scanie, mais personne voulait louer un appartement à une étudiante et un chômeur. Donc, comme l’économie mondiale n’était pas encore mauvaise, nous avons acheté une maison. Nous avions 21 ans. La même année nous sommes mariés et nous avons acheté un braque de Weimar. Il s’appelle Veiðinn

Le jour de notre mariage
Le jour de notre mariage.
Oui, j'avais une robe de mariée violet foncé.
Oui, j’avais une robe de mariée violet foncé. Oui, nous sommes mariés dehors en plein hiver. Il faisait froid et mes pieds étaient trempés de neige fondue. C’était super.
Veiðinn au Mont Saint-Michel.
Veiðinn devant le Mont Saint-Michel.


On ne peut pas étudier l’archéologie celtique au sud de la Suède, donc j’ai choisi l’archéologie classique, c’est-à-dire l’archéologie des Grecs et des Romains. À l’époque nous nous disions que nous resterions en Suède pour quelques années, afin que je puisse finir mes études. Après, nous irions en Grande-Bretagne où je pouvais trouver de travail.

S’expatrier en Royaume-Uni, on le trouvait facile parce que nous parlions déjà la langue couramment (j’avais même un accent très britannique) et je connaissais bien la bureaucratie comme j’avais habité en Écosse. Le grand rêve, pourtant, qu’on n’osait pas à cause de la langue et l’inconnu, c’était la France. Notre plan était à travailler comme des fous, investir et même maturer un peu en Grande-Bretagne, et après cinq à dix ans, quand nous serions « prêts » et « plus savants » on achèterait une maison en France.


Un jour, quand Magnus était au boulot, je suis tombée sur le site web d’une agence immobilier spécialisée en maisons secondaires. J’étais surprise à trouver que les maisons dans les montagnes espagnoles n’étaient pas du tout chères. Quelques clics plus tard j’ai trouvé les annonces des anciennes fermes en France. Ce jour-là j’ai spammé la boîte mail de mon mari avec des annonces immobiliers. Beaucoup de ces maisons étaient en Bretagne, donc j’ai fait un peu de recherche (Wikipedia, YouTube, etc.) sur la Bretagne, que je savais est un pays celtique. C’était le coup de foudre ! J’étais amoureuse ! Et de plus il y avait des maisons à prix abordable ! Quand Magnus est rentré à la maison je lui ai demandé : « Est-ce que nous serons vraiment plus prêts à vivre en France après des années en Grande-Bretagne où pourrions-nous nous passer de l’Angleterre et aller directement en France ? »

Nous avons été d’accord. Nous irions en France. Les mois suivants on a passé tous les soirs en mode recherche. Je n’ai pas beaucoup parlé de la Bretagne parce que je ne voulais pas être trop impulsive. Au lieu de suivre mon coup de cœur, nous avons fait une liste d’envie, racontant tout ce que nous voudrions : une région où il ne fait pas trop chaud en été et pas trop froid en hiver pour cultiver les figues, avec une économie en croissance relative, sans de la xénophobie, où on pourrait peut-être travailler en anglais en dernier recours, où les maisons n’étaient pas trop chères et le coût de la vie n’était pas trop élevé, etc.

Nous avons lu la statistique sur tout que nous avons pu trouver, du climat aux taux de criminalité. Après, nous avons créé un dossier pour chaque région et nous passions des jours en comparant tous ces dossiers à notre liste d’envies. Après, on a comparé les demi-finalistes l’un contre l’autre. À la fin, c’était la Bretagne contre le Poitou-Charentes. Me souvenant de mon coup de cœur, j’ai voté pour la Bretagne. Magnus aussi. La preuve que la Bretagne est objectivement la région la plus parfaite de la France. Selon nos critères à nous.

Nous avons dit à nos familles et nos amis que nous déménagerons en Bretagne. Mes parents n’étaient pas trop surpris mais j’ai l’impression que mes beaux-parents ne nous croyaient pas au début. Nous avons entendu beaucoup de réponses, de n’importe qui, du genre de « mais il vous faudra apprendre le français » ou « quand revenez-vous ? » Il y avait même un parent éloigné, qui avait habité en nord-ouest de la France mais qui ne nous connaissait pas, qui a dit a mes beaux-parents :  « Ne vous inquiétez pas, ils ne tiendront pas un seul hiver breton. »

Le reste vous savez déjà ! Nous sommes arrivés en Bretagne en octobre 2011. Nous avons acheté une maison dans le Finistère en septembre 2012 et en 2013 nous avons accueilli encore un chien à la famille, Ásgeir le braque français.

Notre longère bretonne
Notre longère à Bolazec.
Le petit Ásgeir.
Le petit Ásgeir.


Voilà ! Ça c’est l’histoire brève de ma vie. Vous me connaissez maintenant assez bien et s’il y a quelque chose que vous voulez savoir n’hésitez pas de me poser une question.

Faustine est suédoise par naissance, bretonne par choix. Un jour, peut-être, elle sera française. Elle est écrivain et elle vit dans le Finistère.

Cherche-tu les commentaires ? On n'en a plus. (Dessolée !)
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